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Je ne dispose pas de beaucoup de temps, ce qui est bien. On m'a demandé un billet de quinze minutes et je vais essayer de m'y tenir. Donc, je serai bref. Il me faudra dire les choses rapidement, sans détour et délicatesse, surtout, sans répétition. La vie avec un brin de folie. Qu'est-ce que cela veut dire? C'est que j'aimerais contribuer quelque chose qui ne serait pas simplement le fait de redire autrement ce que les autres peuvent très bien dire sans mon aide.

Dans quelques minutes, vous verrez un court métrage qui décrira La vie avec un brin de folie. La projection sera suivie d'une table ronde, avec quatre personnes qui connaissent très bien, sans doute, l'un ou l'autre des divers aspects de la question qui nous occupe aujourd'hui. Annie Frenette est réalisatrice de ce film... et donc je pourrais difficilement ajouter à ce qu'elle dira de son film. Yvan Pageau connaît sans doute mieux que moi les idées reçues et Luc Vigneault connaît autrement mieux que moi l'aventure d'un voyage au pays très particulier et difficile de la folie. Alors que Xavier De Vriendt connaît nos modes d'intervention et les services concrets offerts par nos institutions. Je tiens pour acquis que ces gens que vous entendrez tout à l'heure vous mettront au courant des plus récentes discussions sur le thème très général de la santé mentale.

Je ne voudrais pas répéter leurs propos avant même de leur avoir laissé la chance de les exprimer, mais je devine (ou plutôt j'imagine) que certains confirmeront la difficulté de la marginalisation sociale des personnes souffrantes de maladie mentale. Le film (que j'ai eu le plaisir de voir hier) exprime de manière astucieuse et élégante la blessure et la douleur d'être repoussé vers la marge, d'être traité comme différent ou, pire, d'être traité comme un insignifiant. Le film fait partie d'une stratégie de l'ONF visant «la prise de parole par des gens en marge de la société». Un objectif tout à fait clair et parfaitement louable.

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