1. Nous voulons être visibles. Nous voulons organiser des activités du 8 mars selon nos préoccupations et pour que nos associations occupent le centre de la scène (au lieu de seulement faire partie d'ateliers ou d'être considérées comme un ajout dans une activité émanant du mouvement des femmes en général).

2. Nous sommes des féministes de diverses origines, nées dans d'autres pays, particulièrement ceux de l'hémisphère Sud, ou au Canada. Nous conservons des liens très étroits avec nos pays d'origine et nous sommes très préoccupées par les problèmes du tiers monde.

3. Dans nos communautés et dans la société en général, nous nous opposons au patriarcat et à la misogynie au niveau des relations familiales, des institutions civiles et politiques, de la culture et des médias.

4. Nous sommes engagées à défendre la dignité de la personne et les droits fondamentaux - le droit de vivre librement sans peur et sans intimidation, le droit de vivre librement sans discrimination sexuelle, le droit de vivre librement sans intégrisme religieux.

5. Sans droits fondamentaux, les femmes ne peuvent avoir de dignité. C'est pourquoi nous sommes engagées pour la défense des droits au logement, à l'éducation et à la santé et le libre choix en ce qui touche le style de vie et les droits de reproduction.

6. Nous appuyons les luttes actuelles de libération dans nos pays d'origine et dans le tiers monde en général, et la lutte des peuples contre l'impérialisme et les gouvernements répressifs locaux. Nous voulons célébrer et faire connaître la tradition de résistance qu'ont les femmes de nos communautés et de nos pays d'origine.

7. Au plan local, nous nous opposons activement au racisme et à toutes les formes d'oppression, particulièrement à l'intensification de la répression contre les minorités visibles depuis le 11 septembre 2001 et à la répression des gens qui, au nom de la justice, s'opposent aux préparatifs de guerre, à la politique canadienne et américaine et à l'inégalité des conditions économiques globales.

8. Nous nous opposons aux politiques de discrimination envers les immigrants et les réfugiés qui marginalisent les femmes et leurs familles, les laissant dans la pauvreté et dans des situations souvent près de l'esclavage. Nous nous opposons à la globalisation qui a pour effet de diminuer le salaire et les conditions de travail des femmes, tout particulièrement des immigrantes et des réfugiées, et de les placer dans des situations de plus en plus désespérées.

9. Nous sommes anti-guerre et anti-impérialistes et nous voulons contribuer à la construction d'un mouvement des femmes qui prend fortement position contre la guerre et l'agression, tout particulièrement la guerre contre le terrorisme que mènent les États-Unis.

10. Nous ne voulons pas travailler à l'encontre des organisations et des pratiques féministes. Nous invitons toutes celles qui font partie du mouvement des femmes à participer à nos activités et à nous soutenir et nous reconnaissons qu'il est important de jumeler nos actions dans des domaines stratégiques.

11. Nous sommes un comité d'action et de coordination, parce que nous voulons coordonner les activités des groupes que plusieurs d'entre nous représentent et parce que nous voulons mettre de l'avant d'autres activités conjointes qui mobiliseront nos réseaux respectifs.

12. Les activités annuelles organisées au cours des dernières années par le Comité ont eu lieu à Montréal et portaient sur des thèmes différents. Les thématiques abordées jusqu'à ce jour sont : « Les femmes contre la guerre chez nous et à l'étranger », « Femmes migrations et frontières », « Réingénierie mondiale : féminisation de la migration et de l'esclavage moderne ». Ces événements ont permis la participation de personnes issues des mouvements communautaire, syndical, féministe ainsi que du milieu de la militance et étudiant.