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Chasse aux trésorsS'abonner
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Manger dans les poubelles
>>Texte tiré du site Internet du quotidien La presse, avec l'autorisation de l'auteure, http://cecilegladel.blogspot.com.
Laitues, tomates, choux-fleurs, pamplemousses, pains, fines herbes : des produits en parfait état que l'on trouve en fouillant dans les poubelles industrielles. Des organismes pratiquent ce qu'on appelle le « dumpster diving », littéralement, plonger dans les ordures. Ils récupèrent de la nourriture qui, autrement, finirait dans les lieux d'enfouissement. La Presse a suivi des membres de L'Être Terre (finaliste des prix Phénix 2006 en environnement) lors de leur collecte hebdomadaire.
Vendredi, 18h30. Le groupe d'une dizaine de personnes est prêt. Harnachés, casqués, les cyclistes partent en mission récupération même si une pluie fine tombe. Direction : un grossiste de fruits et légumes biologiques.
Nous souffrons aussi de stress et d'un manque d'espace intime. De plus, nous vivons plus pauvrement que l'ensemble de la population et nous n'avons pas les moyens de mettre des économies dans un REER ou un autre plan de retraite.
Arrivés sur place, ils sautent dans le premier conteneur. Rien d'intéressant. Dans le deuxième, ils trouvent des bottes d'oignons verts biologiques, puis partent à l'assaut d'un troisième plein à ras bord. Sur le dessus, des dizaines de boîtes de carton qui n'ont même pas été ouvertes. Elles sont remplies de laitues encore bien rangées et en bon état.
Le groupe décide donc de fouiller le fond du conteneur. Bonne décision. Des tomates cerises et des concombres anglais font partie de la récolte hebdomadaire. Les récupérateurs remplissent à pleine capacité trois bacs verts de recyclage. C'est tout. Il n'y a plus de place. Les boîtes restantes iront donc au lieu d'enfouissement.
Vingt heures. Dernier arrêt : une boulangerie qui leur donne les pains invendus. Trois sacspoubelles au total. Contrairement à la journaliste, le groupe est surpris. C'est peu. Normalement, c'est environ 10 sacs-poubelles.
Le groupe a fouillé environ 30 minutes dans le conteneur. Personne ne les a dérangés. « Il arrive que des employés nous voient, mais ils nous connaissent et il n'y a aucun problème », dit le fondateur de L'Être Terre, Yan Levasseur. D'ailleurs, la police de Montréal a confirmé à La Presse que fouiller dans les poubelles n'est pas un acte criminel. Si les policiers reçoivent une plainte, ils vont demander aux gens de quitter les lieux, mais ne procéderont à aucune arrestation.
D'autres récupérateurs
À Montréal, plusieurs groupes, comme L'Être Terre, récupèrent ainsi de la nourriture dans les poubelles. D'ailleurs, l'émission de Télé-Québec, La vie en vert, a suivi un autre de ces organismes, la Coop Généreux, dans ses tournées de récupération. Dans le reportage, un épicier du Mile End est invité à ne pas jeter la nourriture invendable, mais propre à la consommation, pour qu'un organisme la récupère. La première partie du reportage sera diffusée ce soir à 19h; la deuxième, mercredi prochain.
Des étudiants de l'UQAM offrent aussi de manière hebdomadaire des repas confectionnés en majorité d'aliments récupérés. Une collecte permet de préparer un dîner pour de 50 à 80 personnes. « L'hiver dernier, je n'ai pas acheté de fruits et légumes de toute la saison », souligne Olivier Lamoureux, un des étudiants qui organisaient les dîners l'année dernière et qui pratique la récupération depuis plusieurs années.
Ce dernier souligne cependant que plusieurs supermarchés empêchent dorénavant la récupération. Les membres de L'Être Terre ont constaté la même chose. « Plusieurs supermarchés compactent la nourriture et d'autres nous en interdisent l'accès », dit Olivier Lamoureux.
Les récupérateurs de nourriture préfèrent qu'on n'identifie pas les endroits de fouille. « On ne veut pas qu'on nous en interdise l'accès », explique Yan Levasseur.
Le mouvement Freegan Cette récupération de nourriture est loin d'être unique à la métropole du Québec. À New York, les membres du mouvement Freegan récupèrent la nourriture, mais aussi d'autres biens de consommation jetés dans les poubelles.
«Les grandes compagnies gaspillent un nombre incalculable de ressources quotidiennement. Les consommateurs, bombardés de messages qui leur disant qu'il faut acheter autre chose de mieux, de nouveau, de plus gros et de performant, font la même chose et jettent. Nous, on récupère et on sensibilise », souligne Madeline Nelson, membre du mouvement new-yorkais.
Un plan pour récupérer davantage
COLLABORATION SPÉCIALE
L'Association québécoise des banques alimentaires estime qu'elle pourrait récupérer davantage de produits avant qu'ils ne soient jetés à la poubelle. En mai prochain, elle fera connaître son plan pour ce faire. Depuis novembre dernier, un employé fait l'inventaire des fournisseurs afin d'établir ce plan de sollicitation.
Du côté de Moisson Montréal, on avoue ne pas récupérer le maximum des produits jetés. « Certains méconnaissent notre rôle, ont des craintes pour la santé et choisissent de jeter. Il y a encore beaucoup de pertes », explique Johanne Théroux, directrice générale de l'organisme à but non lucratif.
L'organisme peut compter sur plusieurs groupes, dont Kraft et la Fédération des producteurs de lait du Québec.
Combien? Comment? Pourquoi?
Les grands de l'alimentation restent muets sur la quantité de nourriture qui est jetée au Canada. Le Conseil canadien des distributeurs en alimentation (CCDA), qui les représente, explique qu'aucun chiffre n'est disponible sur le gaspillage avant consommation.
Toutefois, Timothy Jones, anthropologue de l'Université de l'Arizona, à Tucson, analyse la perte de nourriture depuis plus de 10 ans. L'une de ces études, datant de 2004, indique que de 40 à 50 % de la nourriture produite ne serait jamais mangée. Il conclut que le gaspillage de nourriture coûte des milliards chaque année et a des impacts environnementaux énormes. Le professeur évalue que le gaspillage serait du même ordre au Canada. « Les chiffres sont semblables quoique légèrement moindres si je me fie à quelques données collectées à Montréal », a constaté Timothy Jones.
Par ailleurs, l'Association québécoise des banques alimentaires estime qu'elle pourrait récupérer davantage de produits avant qu'ils ne soient jetés à la poubelle.
En mai prochain, elle fera connaître son plan pour ce faire. Depuis novembre dernier, un employé fait l'inventaire des fournisseurs afin d'établir ce plan de sollicitation.
Du côté de Moisson Montréal, on avoue ne pas récupérer le maximum des produits jetés. « Certains méconnaissent notre rôle, ont des craintes pour la santé et choisissent de jeter. Il y a encore beaucoup de pertes », explique Johanne Théroux, directrice générale de l'organisme à but non lucratif.
L'organisme peut compter sur plusieurs groupes, dont Kraft et la Fédération des producteurs de lait









Commentaires
course à AUCHAN un mercredi soir
by DE THY
dim, 12/07/2009 - 16:22
Mercredi 24 juin, je suis allé faire une course à AUCHAN La Défense et il se trouvait que c'était le jour où le magasin ferme à 22h.
J'ai été scandalisé par le désordre qui régnait :
Les clients prennent des produits et abandonnent sur d'autres rayons, n'importe où.
On trouve aussi des paquets de nourriture entamés car des gens grignotent parfois dans le magasin.
Je doute que les employés aient le temps ou aient intérêt à remettre tous les paquets dispersés à leur place; Ils vont sans doute directement à la poubelle.
Je pense que 50% des déchets alimentaires provient déjà de l'indiscipline des gens qui ne tolèrent aucune contrainte.
Qu'ont-ils de si important à faire pour justifier un tel comportement?
Et ce gâchis gratuit se répercute sûrement sur le prix des produits.
Profil
by Daniel Roy
lun, 02/03/2009 - 09:21
Bonjour Alain,
En créant votre propre profil sur le site, vous pourrez écrire directement aux collaborateurs de Parole citoyenne, notamment à ceux qui ont collaboré à ce dossier jusqu'à présent.
Salutations,
Daniel Roy
Parole citoyenne
REPORTAGE
by alain
sam, 28/02/2009 - 05:41
Bonjour,
je suis journaliste à NANCY et je recherche contacts pour reportage (presse écrite) sur la récup de nourriture dans les poubelles. Merci de laisser mail.
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