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Chasse aux trésorsS'abonner
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«Belles vidanges» à vendre
>>Texte tiré du site Internet du quotidien La presse, avec l'autorisation de l'auteur, http://www.mcgilles.com.
À l'entrée de l'écocentre Petite-Patrie, rue des Carrières - que
plusieurs surnomment la « dump » - se trouve un de ces marchands nouveau
genre. Il s'agit d'Arthur Simon. Son métier : commercialiser nos
déchets. Dans cet écocentre, on ramasse des pneus, des restes de
peinture et d'autres résidus domestiques dangereux (RDD).
Tout ce qui reste et ne peut être récupéré par l'écocentre revient à M. Simon. Il ramasse tout mais surtout, revend tout. Cette TTPE (très très petite entreprise) procure d'ailleurs un emploi à temps plein à madame Évelyne.
Les lieux sont surréalistes. Un petit bureau dans un cabanon en faux bois métallique, un garage au toit arrondi où on accumule une tonne de vieux objets et une cour immense où s'empilent de vieux matériaux de construction, des pièces d'ordinateurs et diverses babioles à la recherche d'une seconde vie. Vous y trouverez de tout : du Commodore 64 aux meubles bruns de votre jeunesse, en passant par les moulures de bois, les portes et fenêtres.
Cette entreprise est sans prétention et on n'y négocie pas très longtemps. Cinq dollars, 25 cents - deux pour 5 $... Les meilleurs deals en ville. Les acheteurs qui passent par là accumulent d'ailleurs des objets dans leur automobile avant même d'avoir obtenu un prix de la gérante. « Ce ne sera pas plus que 10 $ », lance Mme Moss, venue chercher une vieille étagère en bois.
Acheter ce que les autres jettent
Il existe en effet des trouvailles dans les poubelles de la ville. Des petites merveilles que ces experts acheteurs surnomment de « belles vidanges ». Robert Galley vient faire son tour régulièrement et y trouve des reliques. Aujourd'hui, il repart avec un lecteur CD poussiéreux et de vieux haut-parleurs d'ordinateur. « J'ai déjà trouvé un appareil photo numérique en parfait état. C'était un vieux modèle, mais elle fonctionne parfaitement. Probablement que les gens l'ont jeté croyant qu'il ne fonctionnait pas, car ils ne trouvaient pas comment placer le film dedans. Je l'ai eu pour moins de 10 $. »
M. Galley est un coureur d'aubaines. Il vient surveiller les soldes presque chaque semaine. Même chose pour Jessica Moss, jeune artiste de Montréal, qui a trouvé ici plusieurs éléments à ajouter à ses ¿uvres. Elle dit y dénicher parfois des perles. « Ma meilleure trouvaille est une petite machine à espresso. Il y avait une petite pièce brisée, mais pour 5 $, ça en valait la peine. »
Secrets bien... cachés
Ce que vous achetez dans votre petit magasin branché de la rue Ahmerst provient peut-être des poubelles de vos voisins. Votre orgueil, freinant vos élans vers les détritus, vous aura fait perdre quelques bonnes affaires, mais il permettra à des revendeurs de s'accorder de bonnes marges de profit. Investissement zéro, profit net.
Évelyne Rémillard, gérante du petit magasin extérieur du 1100, des Carrières, nous avise. « Mes clients sont souvent des petits commerçants qui viennent acheter ici pour revendre plus cher ailleurs. L'été, il y a même du monde des ventes-débarras qui achètent ici! Ils paient quelque chose 5 $ et le revendent plus cher devant chez eux ! »
Mais comment être contre ce mode de recyclage nouveau genre? Les déchets des uns étant encore utiles aux autres. « Beaucoup de petites entreprises s'approvisionnent ici, ajoute Mme Rémillard, des gens à leur propre compte en passant par les marchés aux puces. »
Ce recyclage peut même aider des parents ou amis dans des pays en voie de développement. « Je vois souvent des Haïtiens et des Africains venir acheter des choses qu'ils veulent envoyer dans leurs pays pour des familles entières. Des vêtements, de l'équipement électronique, etc. Tu peux remplir un conteneur pour pas cher! »
Vivre des poubelles
Mais ce petit magasin ne fait pas partie des ramasseurs itinérants, ces camions rouillés qui patrouillent les rues de votre quartier les jours de collecte des ordures. La majorité ramasse les fers et métaux qui ont une certaine valeur sur le marché de la refonte. Évelyne ne fait pas affaire avec eux. « Nous attendons que les gens nous apportent leurs choses, on ne fait pas les rues. On revend sur place seulement. » Existerait-il déjà un snobisme entre recycleurs?
Nicolas Landry, gérant du centre de tri des Carrières, dans Rosemont, appelle ces ramasseurs de rue les « Bob ». Loin d'être en compétition avec eux, il les encense pour leur apport social. « Ils nous enlèvent bien du travail et c'est très bien ainsi. J'habite Hochelaga, et si on payait les Bob en sous-traitance pour faire ça, la ville serait propre propre propre. »
Des entreprises comme Ramasse tout viennent d'ailleurs chercher vos vieux meubles et feuilles de gypse inutilisées directement à la maison. D'autres plus discrets, ramassent à votre insu des objets que vous jetez aux ordures. Ils revendent vos restants dans les marchés aux puces et chez les antiquaires. La concurrence est vive dans cette course effrénée contre la benne à ordures.









Commentaires
Recherche matières recyclables
by Gendron Martine
lun, 26/05/2008 - 23:39
Notre intérêt de récupération est simple et personnel. Notre projet d''aménagement de nos jardins demande de nouvels sources d'inspiration.
Votre centre de recyclage est-il ouvert aux acheteurs créatifs?
Dans l'affirmative faire suivre vos coordonnées.
Mercie de votre attention.
Martine G.
450-435-3522
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