La crise forestière actuelle est le moment idéal pour transformer nos manières de cultiver la forêt. Quelle autre option s'offre à nous? En observant bien, on constate que toute l'expertise est disponible et que la volonté est là. Louis-René Beaudin décrit quelques exemples de réussites forestières québécoises qui peuvent facilement servir de modèles pour le futur avant qu'il ne soit trop tard.
Intervenants :
Richard Desjardins, vice-président de l'Action Boréale d'Abitibi-Témiscamingue
Cherkaoui Ferdous, secrétaire général de Solidarité rurale
Léonard Otis, sylviculteur à Saint-Damase de Matane, militant écologiste, ardent défenseur des fermes forestières
Il est très important de s'intéresser à la gestion des forêts publiques québécoises. Celle-ci pourrait effectivement être le lieu d'une actualisation majeure de notre relation socioéconomique avec les ressources naturelle. Cependant, pour en arriver à des solutions novatrices, il faudra avoir le courage et la vision nécessaire pour embrasser ces débats dans une perspective globale.
Ainsi, les canadiens doivent prendre conscience de l'immensité de leur forêt publique et lui donner le rôle qui lui revient.
À l'heure actuelle, nous sommes le plus grand exporteur de bois au monde. Majoritairement papier et matériel de construction. Majoritaire vers les États-Unis. Tel est notre rôle. Le modèle en place pour jouer ce rôle est celui de la gestion par le privé dans un cadre public. En général les différents régimes forestier considèrent la ressource comme majoritairement ligneuse et accompagnée de contrainte.
En ce qui a trait à l'avenir, rien n'indique que nous souhaitions freiner notre apport mondial à la demande en produits du bois. Il est très louable que nous maximisions le degré de transformation des produits créés au sein du pays. Ce degré sera d'ailleurs limité par le gigantisme des entreprises. Si une part notable des volumes en bois ne sont pas rendus accessible à des joueurs plus petits, agiles et orientés sur les besoins spécifiques de leurs clients, la transformation ne deviendra pas plus importante. Toutefois, la question du modèle d'affaire peut très bien être séparée de celle de la gestion du territoire.
Si aujourd'hui les forêts sont gérées et aménagées par de grandes industries de commodité, c'est parce que ce sont elles qui ont su prendre la place lors de l'industrialisation de nos forêts. Les seuls qui en ont souffert dans les années ou ce nouveau modèle d'utilisation du territoire forestier s'est mis en place furent les autochtones. Grands perdants, plus souvent qu'autrement, oubliés dans les débats forestiers.
Ainsi, même en brisant le lien virtuel existant entre la gestion du territoire actuel et la structure industrielle de transformation du bois prévalant à ce jour, rien n'indique que cette dernière ne changerait. Il est tout à fait pensable que la forêt soit demain gérée par les municipalités (plus probablement les CRÉ). Ce serait elles plutôt que les compagnies de transformation (moulin, usine de panneaux, de pâte et papier) qui engageraient les ingénieurs forestiers pour confectionner les plans d'aménagement. De même pour les contrats d'opération de récolte et d'aménagement. En fait, cette volonté de briser le lien entre l'aménagiste et le transformateur émane de l'objectif de modifier l'aménagement du territoire mais ne promet aucunement la modification des produits transformé par l'industrie. Ce sont là deux choses séparées. L'une peut certes aider l'autre en introduisant à tout le moins une flexibilité nouvelle dans la chaîne de mise en valeur. D'autre part, une vision moins sectorielle de la forêt permettrait de mettre en valeur de nouvelle composante de celle-ci - les fameux produits forestiers non-ligneux (pfnl) ainsi que la monétisation des valeurs non-marchandes.
Toutefois, je crois que la modification des produits transformés dépendra plutôt de la modification de la demande. Je suis d'accord à ce qu'un nouveau modèle de gestion du territoire soit mis en place pour créer un lien plus réel entre les communautés et leur territoire. Cependant, pour que la gestion forestière vive un réel renouvellement, une nouvelle approche globale devra être poursuivie.
Il est ici question non pas de changer les acteurs dans une pièce de théâtre mais plutôt de changer d'acte... ou de pièce !
Le monde de la forêt publique québécoise et canadienne doit être la scène de l'apparition d'une nouvelle économie durable. Et je ne veux pas ici parler d'un quelconque "équilibre" entre les pôles du développement durable. Cette notion d'équilibre nous ramène au modèle où les emplois nuisent à l'environnement et vice-versa. Il faut plutôt réarticuler le projet de société. Le développement durable en tant que notion tripartite nous rappelle que l'économie est le moyen, l'environnement le cadre et le social est le but.
Je m'arrêterai ici, le reste de ma penser face à ce projet n'apporterait rien qui n'ait déjà été beaucoup mieux exprimé par Hevé Kempf dans son ouvrage "Pour sauver la planète, sortez du capitalisme" paru aux éditions du seuil en janvier 2009 et discuté par Jacques Languirand le 15 février dernier.
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Commentaires
Il est très important de
by Etienne Bélanger
lun, 09/03/2009 - 16:55
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